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Une parenthèse imposée : l’impact des confinements sur une jeunesse LGBTQI en quête de soi
Un monde qui se referme au moment où il s’ouvre
Pour de nombreux jeunes de la génération Z, le confinement a marqué une rupture brutale dans le processus d’exploration et d’affirmation de leur identité. Ceux qui venaient à peine de s’assumer ou de découvrir les espaces de socialisation queer, comme les bars, les soirées ou les lieux communautaires, ont vu ces opportunités s’effondrer du jour au lendemain. « C’était comme si on m’enlevait tout ce que je venais de commencer à construire », raconte Samir, qui avait 21 ans en 2020.
Retour forcé dans des environnements hostiles
Les confinements ont également poussé nombre de jeunes adultes à retourner vivre chez leurs parents, souvent dans des environnements peu accueillants pour leur identité. Pour des jeunes LGBTQI, cela a parfois signifié revenir dans le placard ou subir des tensions familiales liées à leur orientation ou identité de genre. « J’ai dû cacher ma transition à ma famille pour éviter les conflits. J’ai eu l’impression de régresser », se souvient Alex, alors étudiant en région.
La fracture entre les grandes villes et les territoires isolés
- Les jeunes vivant dans les grandes villes ont souvent pu retrouver des espaces communautaires dès les déconfinements.
- À l’inverse, ceux habitant dans des zones rurales ou des petites villes, sans lieux dédiés à la communauté LGBTQI, se sont retrouvés encore plus isolés.
- Pour certains, cette mise à l’écart a été un déclencheur pour déménager et chercher un nouvel ancrage en milieu urbain.
Des découvertes personnelles malgré l’isolement
Un temps d’introspection
Ironiquement, cette période d’isolement a permis à de nombreux jeunes de se recentrer sur eux-mêmes et de réfléchir à leur identité. « C’est en plein confinement, loin de mes amis et des distractions, que j’ai commencé à comprendre que j’étais non-binaire », évoque Jade, qui avait 17 ans en 2020. Ces moments de pause forcée ont parfois accéléré des remises en question qui auraient pu prendre des années.
Le rôle des réseaux sociaux et des plateformes numériques
- Les applications de rencontres ont offert une alternative pour maintenir un lien avec la communauté LGBTQI.
- Les réseaux sociaux, en particulier TikTok, ont joué un rôle clé en diffusant des contenus éducatifs et inspirants sur les questions de genre et de sexualité.
- Ces espaces en ligne ont permis à certains de trouver un soutien, même à distance.
Rebondir après la tempête : une jeunesse résiliente
Le retour à la communauté comme libération
Pour beaucoup, la fin des restrictions a marqué une véritable renaissance. « C’était comme revenir à la vie », décrit Mélissa, 22 ans en 2021. Les bars, soirées et événements communautaires ont repris, devenant des lieux de célébration et de retrouvailles après une longue période de solitude.
Des trajectoires marquées mais pas brisées
Malgré les difficultés, cette génération a su tirer des leçons de cette période singulière. Certains ont pris des décisions importantes pour leur avenir, comme déménager, changer de carrière ou s’impliquer davantage dans des causes LGBTQI. « Le confinement m’a appris à me connaître et à m’accepter. Je ne serais pas la même personne aujourd’hui sans cette expérience », confie Nathan, aujourd’hui militant LGBTQI et étudiant en études de genre.
Une communauté qui continue de se réinventer
Si la pandémie a représenté une épreuve pour les jeunes LGBTQI, elle a également démontré la capacité de cette communauté à s’adapter et à se reconstruire. Cinq ans après, les souvenirs restent vifs, mais ils s’accompagnent aussi d’un sentiment de fierté et de résilience. « Nous avons traversé cette période ensemble, et cela nous a rendus plus forts », conclut Jalil, qui a trouvé dans ces années troublées une raison de s’engager pour les droits LGBTQI.
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