Thérèse et Isabelle : l’œuvre culte de Violette Leduc sur scène

Un récit audacieux porté sur scène

L’adaptation théâtrale du texte *Thérèse et Isabelle* de Violette Leduc, mise en scène par Marie Fortuit, explore les méandres d’une passion adolescente dans un pensionnat féminin. Cette œuvre, écrite entre 1948 et 1951, brille par son avant-gardisme, décrivant sans détour les désirs et les émois charnels entre deux jeunes filles. Ce récit, à la fois intime et universel, se veut le reflet d’une première histoire d’amour, inspirée par l’expérience personnelle de Leduc. Pourtant, l’audace de la plume de l’autrice se heurte à la retenue d’une mise en scène qui, malgré quelques belles trouvailles, peine à embrasser pleinement l’intensité du texte.

Une mise en scène en demi-teinte

Marie Fortuit propose une interprétation visuelle empreinte de délicatesse, privilégiant la suggestion à l’excès. Les gestes des adolescentes, entre apprivoisement et désir, sont mis en lumière dans une scénographie subtile : des lampes torches scrutent des visages hésitants, et un troisième lit, symbole de la menace constante d’être surprises, ajoute une tension palpable. Les corps des deux protagonistes se rencontrent dans des chorégraphies sensuelles, mais l’ensemble reste sage, presque trop lisse, face à la force brute du texte original.

  • Les chemises de nuit évoquent une innocence fragile, mais ne suffisent pas à capturer l’intensité du désir.
  • Le piano, bien que magnifiquement intégré, accentue une esthétique classique, là où l’on aurait espéré un chaos passionné.
  • Le poids de la censure historique est matérialisé par une bétonneuse, une idée frappante mais qui semble parfois écraser l’émotion.

Le spectre de la censure et la force de la sororité

L’histoire de *Thérèse et Isabelle* est indissociable de celle de sa publication. Initialement intégré au troisième roman de Leduc, *Ravages*, ce récit fut amputé en 1955 par la censure, jugé trop explicite pour l’époque. Ce n’est qu’en 2000 qu’il a été publié dans son intégralité, rendant justice à une œuvre marquée par l’authenticité et la vérité des sentiments. Sur scène, cette frustration se matérialise par des feuillets réduits en cendres, symbolisant l’injustice subie par Leduc et son œuvre.

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Un duo intemporel : Violette et Simone

Au-delà de la relation entre Thérèse et Isabelle, la mise en scène met en lumière un lien tout aussi essentiel : celui entre Violette Leduc et Simone de Beauvoir. Soutien indéfectible de Leduc, De Beauvoir a non seulement encouragé l’autrice à écrire, mais a également permis la publication de ses textes, malgré les tabous de l’époque. Ce duo littéraire est incarné avec brio par les interprètes Louise Chevillotte et Raphaëlle Rousseau, qui passent avec fluidité d’une temporalité à l’autre, incarnant à la fois les amantes adolescentes et les écrivaines complices.

  • Simone de Beauvoir, figure tutélaire, est omniprésente, guidant Violette dans son parcours créatif.
  • La dynamique entre les deux femmes transcende l’amitié pour devenir un témoignage de sororité intellectuelle.
  • Le parallèle entre les amours interdites de Thérèse et Isabelle et l’histoire personnelle de Leduc souligne l’universalité du désir de liberté.

Une réflexion sur l’amour et la création

Marie Fortuit, à travers cette adaptation, propose une relecture touchante du texte de Leduc. Plutôt que de se concentrer uniquement sur l’érotisme du récit, elle met en lumière les ramifications profondes de la création littéraire et du soutien entre femmes. Si certains spectateurs espéraient une mise en scène plus audacieuse, ils découvrent finalement une œuvre qui interroge avec finesse les liens entre amour, art et oppression.

Un hommage aux femmes qui osent

Cette adaptation est avant tout un hommage. Un hommage à Violette Leduc, qui a bravé les interdits pour écrire sa vérité. Un hommage à Simone de Beauvoir, qui a cru en son talent. Et un hommage à toutes les femmes qui, comme Thérèse et Isabelle, ont aimé, malgré les regards et les jugements. Si la mise en scène manque parfois de feu, elle n’en demeure pas moins une ode à la liberté et à la puissance de la sororité.

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